La carabine M1 a été, avec
le Garand, l'arme la plus utilisée pendant
la Seconde Guerre Mondiale. Elle fût conçue
comme un nouveau type de rifle et sa production
fût la plus élevée parmi toutes
les armes fabriquées par le USA pendant
la guerre.
La
carabine M1 fût développée
en réponse à la Blitzkrieg,
la nouvelle tactique utilisée par les allemands
en 1940. Les anciens concepts de fortifications
fixes et fronts statiques étaient tombés
face à l'utilisation de forces mécanisées
d'une grande mobilité et laissèrent
bien évidemment les troupes d'arrière-garde
qui, en principe, n'étaient pas considérées
comme troupes de combat devraient se défendre
des rapides attaques ennemies. Il était
évident que les armes courtes avec lesquelles
ces troupes étaient pourvues n'étaient
pas suffisantes à faire face à la
nouvelle menace. D'un autre côté,
il n'était pas considéré
pratique surcharger ces troupes, qui n'étaient
pas impliquées directement dans les combats,
avec le poids additionnel que représentaient
les rifles, pistolets mitrailleurs ou mitrailleuses
dont on disposait à ce moment-là.
Après
des nombreux essais, on adopta le design de la
firme Winchester, d'après l'idée
de David Williams, un ancien bagnard qui la conçut,
et en fabriqua même un modèle, pendant
son séjour en prison. Lorsque son projet
fût adopté, Williams travaillait
pour Winchester et son rêve devint réalité.
La
carabine fût acceptée officiellement
le 22 Octobre 1942 et jouit d'un tel succès
qu'elle fût adoptée par toutes les
branches des forces armées des Etats-Unis.
L'on construisit trois modèles : le M1,
le M1A1 (à crosse pliante pour les parachutistes)
et la M2 à dispositif de tir à rafale.
Inland, une division de General Motors, fabriqua
le plus grand nombre d'unités avec un total
de 2.650.000 carabines produites jusqu'en Août1945.
L'ensemble des fabricants produisit environ 6.200.000
carabines qui furent utilisées jusque dans
les guerres de Corée et Vietnam. Cet arme
fût fabriquée par 10 entreprises
en quelques 15 variations et jusqu'à sept
types des 54 pièces qui la constituaient
. Elle est, donc, l'arme favorite des collectionneurs
dont certains ne font que collectionner toutes
ses variantes. Ayant
été produites des quantités
aussi importantes, il n'est pas trop compliqué
d'arriver à " reconstruire "
une carabine avec toutes les pièces correctes.
Ainsi donc, il est très facile pour le
collectionneur occasionnel d'avoir une carabine
correcte " de guerre " puisqu'elle a
été fabriquée seulement pendant
le conflit. Toutes les pièces de la carabine
sont, donc , " de guerre " et seulement
si l'on souhaite avoir une carabine " plus
correcte " il devra être changé
quelques pièces externes. Nous allons,
ensuite, faire une brève description des
plus importantes, tout en faisant remarquer qu'il
s'agît de celles fabriquées par Inland
puisque ce sont celles que l'on trouve couramment
sur le marché.

1. Point de mire arrière
Le
point de mire arrière eut trois variantes
pendant la 2ème Guerre Mondiale. La première
était de hausse à " feuille
", à deux positions. Ces points de
mire ont été fabriqués tout
à fait en début de production. La
plupart des carabines ont un point de mire arrière
complexe à hausse à roue. Ceci étant,
seulement s'il s'agit d'un numéro de série
bas ( en dessous du nº 5.000.000 de celles
fabriquées par Inland, la firme qui produisit
le plus grand nombre d'armes) le point de mire
arrière à roue est correct.
2. Canon Dans
ce chapitre il faudra, seulement, vérifier
que le fabricant du canon coïncide avec celui
de l'arme. Dans le 90% des cas examinés
par l'auteur, le fabricant du canon était
le même que celui de l'arme.

3. Bande du canon L'on
fabriqua trois types de bande. La première
était très étroite (large
d'environ un centimètre). A partir du numéro
de série 5.000.000 ( au début de
1944) Inland produisit un deuxième type
destiné à fixer les différentes
parties de la carabine plus fermement. Celle-ci
est plus large que l'antérieure (1,7 centimètres)
et est la plus courante. Le dernier type est pareil
au second, mais avec une projection qui sert à
mettre la baïonnette M4 au canon. Cette pièce,
dénommée T4, est apparue seulement
à partir du numéro de série
6.300.000 (Octobre/Novembre 1944). Toutes les
carabines qui étaient envoyées en
réparation aux armuriers furent équipées
de cette pièce, mais il n'est pas rare
de les trouver avec le second type.

4. Cran d'arrêt Cette
pièce subît des nombreuses variations,
le but des premières étant de pourvoir
ce dispositif d'une plus grande sécurité.
Ces changements sont, essentiellement, internes
et ne peuvent pas être remarqués
à vue d'il (à l'exception
du premier modèle, qui avait la surface
du cran d'arrêt divisée à
carreaux). Le changement le plus important eut
lieu à partir du numéro de série
6.850.000 ( début 1945). Le cran d'arrêt
et le bouton d'expulsion du chargeur étant
ensemble, des erreurs tragiques furent commises
lorsqu'il y avait confusion entre le cran d'arrêt
et le bouton d'expulsion du chargeur, en laissant
le soldat désarmé au moment le moins
opportun. Pour ne plus confondre les deux boutons,
il fut dessiné un cran d'arrêt rotatif
à deux positions. Dans l'après-guerre,
pratiquement toutes les carabines furent équipées
avec ce système.

5. Bois La
plupart des bois des carabines que l'on trouve
sur le marché ne sont pas d'origine. Étant
donné que ces armes furent remises à
des pays alliés des USA après la
guerre, les bois ont été, éventuellement,
remplacés par d'autres d'une qualité
inférieure, quoique si la couleur n'est
pas très claire, cela ne devrait poser
aucun problème. Il
existe ,cependant, une pièce qui, n'étant
pas trop chère et plus visible, peut être
susceptible d'être remplacée par
une d'origine. Il s'agît du bois qui couvre
la partie supérieure du canon. La bande
de cette pièce eut trois variations, la
plus importante a été la dernière
qui eut lieu à partir du numéro
de série 6.220.000 (Octobre/Novembre 1944)
où l'on passa d'employer deux rivets pour
fixer le bois à la partie métallique
qui s'emboîte dans la caisse de mécanismes,
a en utiliser quatre. Ainsi, si le numérotage
le demande, on peut remplacer le bois à
quatre rivets par celui à deux.
La
carabine M1 est l'une des armes les plus versatiles
de la 2ème Guerre Mondiale et celle la
plus utilisée par les effectifs de la 2ème
Division Blindée, car bien que leur tâche
était de lutter en première ligne,
leur condition de troupes blindées en faisait
les parfaits candidats à une arme plus
légère que celles portées
par les soldats d'infanterie. Aujourd'hui,
il n'est pas difficile de trouver d'exemplaires
fondamentalement corrects à des prix qui
ne sont pas, pour l'instant, prohibitifs. Aussi
bien aux bourses militaria que dans les boutiques
on-line, on peut encore en trouver à des
prix entre 400 et 650 euros, en fonction de leur
état de conservation. On peut, aussi, en
obtenir en état de tir, bien que la munition
(calibre.30 M1) est pratiquement impossible à
trouver, tout au moins en Espagne. Sa grande valeur
comme objet de collection et sa popularité
au cours de ces dernières années
peuvent la transformer, en peu de temps , en une
arme chère et difficile à trouver.
C'est , donc, le meilleur moment de s'en procurer
un exemplaire en bon état.